Golubinjak, à la fin du printemps.

Ecrit par Valentin


Les premières impressions sont parfois très mauvaises. C’est vrai, un parking situé sous un pont d’autoroute, une entrée de parc ressemblant à une cours de récréation, un restaurant et même des petites étales de souvenirs. Golubinjak c’est le site d’escalade qui nous a étonné dans le nord du pays.

Passé la clairière à l’entrée, nous voilà dans une forêt où les arbres veulent atteindre les nuages. Quelle hauteur. Ils rendent les falaises petites. Elles dépassent pourtant largement les 30 mètres.

Zambezi est le secteur situé à l’entrée de la forêt. Gros bloc rocheux, 12 voies ont été ouvertes à cet endroit. Mandela’s free, Niagara et Magic from Cameroon (6a, 17m) sont idéales pour se familiariser avec le rocher. Zambezi (6c) est une très belle ligne permettant d’atteindre quasiment le sommet de la falaise. Biokill (6c+) est un régal, d’abord dans un dièdre, puis proposant un passage en toit délicat puis un travail sur écailles et fissures méthodique.

Pour rejoindre Hollywood, autre secteur du site, il faut entrer dans la demeure de l’ours, une caverne où Batman (7a) était malheureusement un peu humide. A Hollywood, c’est 18 classiques qui sont à travailler. Deuxième round gagnant contre Rocky Balboa (6c) très renversant. Mis KO par Terminator (7a+), du coup pas de moulinette en place pour se confronter aux Expandables (7b) et pas la force de jouer les Tarantino dans Pulp Fiction (7a+). Nous avons plutôt décidé d’en finir par Last tango in Paris (6a+). Et oui, les ouvreurs étaient inspirés à Golubinjak.

Le topo recommande de grimper sur ce site l’été. Une partie des falaises, à l’abris des hauts arbres, reste humide à la fin du mois de mai. Mais l’impression d’être les premiers de la saison à grimper là est un régal. Pas de traces de magnésie, pas de trait de cake, un peu de mousse et de poussière, c’est génial. Et ce plaisir démesuré peut être de rechercher les prises couvertes de mousse des quelques blocs ouverts dans la forêt. Chercher la méthode, non indiquée par la magnésie comme c’est malheureusement le cas à Bleau. Avoir les doigts noircis par la poussière plutôt que blanchis par la magnésie. Pionniers dans la saison, quel plaisir.

Au delà de l’escalade, le lieu nous a plu, nous a envoûté. Une sorte d’attraction inexpliquée, une sorte de magie.

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