Les Hautes Tatras


Situé à la frontière entre la Slovaquie et la Pologne, le massif des Hautes Tatras est peut-être l’un des massifs les plus beau d’Europe. C’est donc naturellement qu’il est devenu un point clé dans notre itinéraire :

  •  dernier haut massif européens avant les montagnes et fjord norvégiens
  •  parc naturel très réputé pour ses belles randonnées

Trop réputé. Et oui, la beauté à un prix et son coût c’est la fréquentation du massif et les aménagements qui vont avec (on vous illustrera ça tout au long de l’article). Mais après tout, nous faisons partie intégrante de ce flot de femmes et hommes avides de montagne.

Depuis la Hongrie, et de façon naïve et innocente (si si), nous avions feuilleté … les pages web … pour dégoter des infos et prévoir une rando’ sympa dans le massif : recherche fructueuse, c’est incontournable : il faut visiter le sommet du Rysy (2500 m), emblématique car marquant la frontière entre Slovaquie et Pologne. Quelle idée !
Premières impressions en approchant des Hautes Tatras : que c’est imposant, beau, Houah, sourires, excitation et plein de points d’exclamation qui fustigent dans tous les sens. Nous approchons, ciblant une prise rapide d’infos’ et finalement nous naviguons entre les stations de ski. Que de « montagnards » ici, chaussures de rando’ haut de gamme, flambant neuves et autres vêtements techniques parfaits pour une expé’ au Groenland en automne. Non j’exagère. Ici, c’est The Place to Be. Mais pas notre place to be. Nous amusons les gens en arrivant en short d’escalade (abîmé, poffé, qui a vécu quoi) et en tong (les orteils doivent respirer eux aussi après tout).

Nous n’abdiquons pas pour autant et nous nous décidons à approcher du Rysy par météo incertaine pour une petite balade et pour repérer les lieux. Nous avions vu une balade autour du lac de Popradské en Slovaquie sur une carte. Nous approchons du départ de la rando’, évitons par chance le parking payant au prix de 10 minutes de marche supplémentaires (Hihi) et c’est parti. On le reconnaît, on apprécie les chemins de randonnée bien balisés, ça facilite les choses mais là quand même c’est un peu trop. La montée au lac se fait sur un chemin goudronné (snif). On prolonge la désillusion à l’arrivée au lac : foule de monde attirée soit :

  • par la vue
  • par l’énorme complexe de restaurant et magasin de souvenirs. Clairement ce restaurant aurait du se trouver au départ, au milieu de la marche éventuellement, mais pas dans ces lieux qui perdent leur magie.

Aller, on lève les yeux, pas la peine de garder notre attitude de chiens battus. C’est vraiment magnifique. Le lac se situe au pied du Rysy et des sommets voisins. Le massif prend toute sa splendeur dans cet endroit ouvert. On prend un peu de hauteur via un vrai chemin de rando’ pour observer le paysage; atteindre le Rysy ça donne envie mais pas en partant d’ici.

Alors nous décidons de passer la frontière. Bouchon à l’entrée de la Pologne et nous en découvrons très vite la cause : pas loin, se situe un des plus beaux lacs du monde, le lac de Morskie Oko. C’est aussi de là que part le sentier vers le Rysy. Le soir venu, nous cherchons un lieu de bivouac pas trop éloigné du départ de la rando’ : objectifs : partir de très bonne heure pour (1) profiter des premiers rayons sur le lac. (2) éviter la foule. Mais ce qui nous attend va nous marquer à vie, nous horrifier … non j’exagère encore. Une grande réput’ = une foule de visiteurs (nous compris) = des parkings énormes dignes d’un parc d’attraction, payant et surveillés (ça ne présage rien de bon pour la suite. Bon de toute façon, nous n’aurions pas dormi là.) Plan B, nous partons 10 kilomètres plus loin, 2 heures plus tôt, sommet du Rysy si on est motivé. Super plan, belle balade en forêt au lever du soleil à 6h du matin, l’approche vers le lac est sympa jusqu’à … ce qu’on rejoigne un autre sentier goudronné (re-snif). Des toilettes chimiques tous les 2 kilomètres, un snack à mi-chemin, une ambiance presque de festival !

Nous sommes un peu déçu en arrivant au lac même si nous nous étions préparés à ce que cela soit comme la veille. Mais par chance nous sommes parmi les premiers après 12 kilomètres de marche, il y a foule à 8h mais nous ne sommes pas encore au coude à coude. C’est réellement et sincèrement un décors incroyable. Les lumières, le lac, la montagne, le Rysy dressés sur une fresque animée, changeante, jamais figée. Un petit dej’ de rêve dans un lieu à voir. Et malgré la masse de visiteurs curieux ou consommateurs, c’est très préservé. Ici un grand refuge mais pas de grande infrastructure comme la veille, au moins elles sont restés au bord du chemin d’accès.
Alors le Rysy vous demandez vous ? Val’ a fait la première approche pour voir. 1 kilomètre de montée facilitée par un chemin de rando’ bien fait. Malheureusement à cette saison, il y a énormément de monde qui veulent tenter le défi, et ça bouchonne dès la première montée. Tant pis, pour le Rysy, à cette saison il fallait un peu s’y attendre. A ceux, qui veulent tenter l’aventure ou simplement profiter des lacs et de la beauté des lieux, nous ne saurons que trop vous conseillez de prévoir votre séjour en base saison.

Le temps d’un petit dej’


Appartés :

On s’interroge beaucoup depuis sur les aménagements/sur-aménagements en montagne. Bien ou pas bien ? Les points de vue positifs sont par exemple l’accès pour tous, notamment pour les personnes en situation d’handicap. Les points négatifs : la sur-consommation qu’entraînent ces aménagement, le non-respect des lieux (si-tôt sorti des chemins balisés ou goudronnés on trouve énormément de papiers toilette et déchets divers…). D’autres points sont à prendre en compte bien entendu, donner nous votre avis sur la question, cela nous intéresse beaucoup.

Une réflexion sur “Les Hautes Tatras

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