Pen-Hir la majestueuse


La pointe de Pen-Hir, à Camaret-sur-mer, c’est la corne de la chèvre. Située face à l’Atlantique, elle est exposée aux vents et marées. Ce qui a sculpté au cours du temps un magnifique terrain de jeu pour nous grimpeurs.

Il est 11h, fin du mois de mars, nous sortons du camion avec Émilie, comme souvent le vent souffle assez fort ici mais qu’importe le soleil brille. Nous sortons le matériel puis descendons au pied des voies en nous émerveillant au passage -et ce malgré la régularité de nos visites- de l’ambiance des lieux.

Pen-Hir, c’est un grand nombre de secteurs répartis autour de la pointe. Les accès aux voies sont divers, descente à pied ou en rappel en bord de mer ou sur des secteurs intermédiaires lorsque la mer est haute. Il y en a pour tous les goûts : blocs, voie sportives, quelques grandes voies pour des randos verticales en bord de mer, et du terrain d’av’.

Avec un ami grimpeur du club, nous descendons au « Mur noir », situé sur la face ouest de la pointe. C’est une très belle dalle à doigt. Échauffement dans « Euydice » puis nous nous attaquons à la belle « Digital » (6b+), longue de 15m, c’est un beau coup de cœur.

La journée continue, soleil battant, à l’abri du vent dans le secteur « Grotte » situé juste au dessus du « Mur noir ». Perché sur notre balcon, nous lézardons au soleil, profitant du panorama. Alors que Gaëtan sort « Écart-type » (6c), je m’attaque à « Aphrodite », une jolie voie où les ouvreurs ont décidé d’économiser quelques spits en haut, et ce n’est pas plus mal, petit frisson mais la vue est magnifique ! Puis nous grimpons « Mégalithe », un beau 6b d’une vingtaine de mètre. L’endroit est surtout parfait pour profiter de l’ambiance.

Nous nous arrêtons pour déjeuner à 16h (changement d’heure oblige) puis prenons la direction de la « Fissure verte ». Un beau projet pour notre ami qui veut travailler « Mécanique Orange », probablement le plus beau 7b de Pen-Hir. Après avoir minutieusement équipé la voie, je le regarde travailler les mouv’ les uns après les autres, les enchaînements du crux sont très précis ! Une belle dalle, très fine ! Je me contenterai de remonter par Jonathan Livingstone, 35m d’une très belle ascension en 6a+, ça aussi ça vaut le coup !

Il est pratiquement 19h, fin de journée. Nous nous installons près des fourgons. Bien installé et très heureux de cette journée au grand air, au retour des beaux jours, nous reparlons des voies grimpées aujourd’hui, de celles que nous tenterons la prochaine fois, de cette journée qui marque symboliquement le retour à la falaise.

« Le flux et reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser. »

Rousseau : Cinquième Promenade solitaire des Rêveries


Infos complémentaires :

Topo : Escalade à Pen-Hir, édition 2015

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